Excellent rapport de la Fondation David Suzuki sur l'enjeu de la justice environnementale:
"S’intéresser à l’environnement par la voie de la santé nous permet de prendre conscience que de nombreuses injustices façonnent le lien entre ces deux éléments. Ce qu’on appelle le racisme environnemental est la mise en lumière de ces injustices, qui sont notamment de deux ordres : d’une part, des injustices de distribution, c’est-à-dire que certaines communautés supportent un fardeau inéquitable et disproportionné de dommages et de risques environnementaux. Pensons aux populations de Rouyn-Noranda, de Limoilou à Québec, de l’Est de l’île de Montréal, aux différentes communautés des Premières Nations et des Inuit, qui sont surexposées à de multiples contaminants ou qui sont plus durement touchées par les impacts des changements climatiques, et dont l’espérance de vie, par exemple, est plus faible que dans les villes ou les quartiers voisins. D’autre part, les injustices procédurales renvoient au fait que les communautés concernées par ces risques n’ont très souvent pas accès à l’information, à la participation à la prise de décision, ainsi qu’au partage du pouvoir décisionnel, lorsque des décisions pouvant affecter leur santé et leur environnement sont prises. Qu’ont en commun ces différents groupes ? Ils sont également exposés à d’autres formes d’inégalités sociales et économiques. Ainsi, la justice environnementale vise à s’attaquer aux mécanismes sous-jacents qui expliquent pourquoi certaines communautés sont exposées à de multiples formes d’injustices, autrement dit aux processus qui les amènent à vivre dans des situations de marginalisation"