Adoptée par le Comité d’orientation le 11 septembre 2025
Introduction
Cette prise de position sur la démotorisation est le fruit d’un processus collectif :
- La proposition a été initialement soumise en avril 2025 par les membres du groupe de travail sur la démotorisation de Transition en Commun (TeC).
- Elle a fait l’objet de séances d’échanges en personne et en virtuel avec les membres de l’alliance, permettant de nourrir le texte par une diversité de perspectives.
- Par la suite, des débats et discussions approfondies ont eu lieu au sein du Comité d’orientation (CO), afin d’assurer un alignement avec la vision de l’alliance et d’intégrer les retours exprimés.
- Une version révisée a finalement été adoptée par le CO le 11 septembre 2025, devenant ainsi la première position officielle inscrite dans le Cahier de positions de TeC.
Cette démarche illustre la volonté de TeC de développer des positions publiques qui reposent sur la concertation, la diversité des points de vue et la recherche de consensus, en cohérence avec notre mission de transition socio-écologique pour Montréal.
La position
Que Transition en commun convienne que pour réaliser une réelle transition socio-écologique le nombre de véhicules individuels privés doit diminuer à Montréal et que pour y parvenir il est nécessaire de :
- Réaliser un transfert modal de la voiture individuelle vers les modes actifs et collectifs en implantant les infrastructures nécessaires, en privilégiant les secteurs moins bien desservis, et accessibles universellement, physiquement et économiquement.
- Respecter, minimalement, les engagements pris et les cibles indiquées dans les politiques publiques, malgré qu’ils soient insuffisants pour permettre une réduction de la surmotorisation.
Que Transition en commun demande et soutienne des politiques publiques et les actions requises pour plafonner puis réduire le nombre de voitures privées dans chacun des arrondissements de Montréal.
- Inclure dans les documents de planification des actions concrètes qui ont un impact direct sur la diminution du nombre de véhicules individuels privés (réallocation de stationnement sur rue et hors rue à d’autres usages, hausse des coûts de possession et d’utilisation de la voiture, priorisation d’aménagements qui diminuent la capacité véhiculaire, ajout de maximums de stationnements selon la centralité des arrondissements, etc.).
- Dédier un pourcentage des budgets d’infrastructures de transport routier pour des infrastructures sociales, incluant des mesures d’accompagnement des ménages et des collectivités.
- Encadrer la publicité automobile pour tous les types de véhicules.
Que Transition en commun demande un soutien pour les organisations de quartier afin de permettre un accompagnement des ménages dans leur changement de comportement et une mobilisation collective pour une mobilité durable.
Que Transition en commun soutienne un rééquilibrage du financement afin d’augmenter le financement en mobilité durable, diminuer le soutien public à la possession de véhicules individuels privés et favoriser les modes actifs, collectifs et partagés sur l’ensemble du territoire, par exemple et sans s’y limiter :
- Étendre la taxe sur les stationnements non-résidentiels pour augmenter la contribution des grands commerces et employeurs.
- Indexer la taxe sur l’immatriculation des véhicules de promenade.
- Relever les tarifs de stationnement sur rue pour couvrir la valeur du service et uniformiser la tarification sociale du stationnement résident.
- Mettre en œuvre une cotisation obligatoire des entreprises pour contribuer au financement de la mobilité durable.
- Mettre en œuvre une tarification kilométrique.
- Augmenter la part des revenus du marché du carbone dédiée au transport collectif (de 25 % à 50 %).
- Rééquilibrer les investissements dans le réseau routier et les transports collectifs à 50/50 et augmenter de 5 % par année l’offre de service.
Que Transition en commun réclame le déploiement d’une allocation de mobilité systématique pour l’ensemble des ménages sous le seuil de revenu viable de la CMM afin de compenser les différentes hausses de tarifs et taxes nécessaires, tout en soutenant de façon équitable les usagers des modes actifs, collectifs et partagés.
Que Transition en commun demande la mise en place d’un chantier global sur l’accessibilité universelle de la mobilité afin de permettre à tout le monde de se déplacer.
Contexte et éléments saillants
- Groupe porteur : Groupe de travail sur la démotorisation de TeC.
- Publics ciblés : Grand public, instances régionales (ex. CMM), gouvernement du Québec, candidats à la mairie de Montréal.
- Constats clés :
- Le Québec n’est pas en voie d’atteindre ses cibles de réduction des GES (-37,5 % d’ici 2030).
- L’électrification des véhicules, bien que nécessaire, est insuffisante face aux enjeux de surmotorisation.
- Les coûts sociaux de l’automobile dépassent largement ceux des modes collectifs ou actifs.
- Le nombre de véhicules a augmenté deux fois plus vite que la population au cours des 20 dernières années.
- Montréal et la CMM ont affiché des intentions fortes (Vision 2030, Plan climat), mais sans réduction effective de la surmotorisation.
- Proposition phare : une allocation mobilité pour les ménages à faible revenu, afin de soutenir la transition et l’équité.