Le 11 mars 2025 à la salle Salle Pierre Bourgault de l’UQAM se tenait la 2e édition de l’Espace solutions, une formule de partage de savoirs et d’expertise au bénéfice de nos territoires pensée par l’Espace quartiers de Transition en Commun (TeC). Pendant l'évènement, 5 projets de quartiers en mobilité ont été présentés. Parmi ceux-ci, le projet « Le Bon Mouv' » du GRAME fut présenté par Marie Huet et Fannie Joly-Emond.
« Le Bon Mouv' » pour sensibiliser Lachine à la mobilité durable
Dans le cadre de la 2e édition de l'Espace Solutions d'Espace quartiers de Transition en Commun, Marie Huet et Fannie Joly-Emond du GRAME sont venues présenter le projet « Le Bon Mouv’ », visant à sensibiliser la population lachinoise à la mobilité durable.
Problématique lachinoise
Un grande problématique de l'arrondissement de Lachine est qu'il n’offre pas de réseau de transport collectif structurant et que le réseau d’autobus existant est limité. C’est aussi un arrondissement extrêmement motorisé, avec une forte hausse de la population prévue pour 2040.
Le GRAME offre donc un programme gratuit (« Le Bon Mouv’ ») de diagnostic des habitudes de déplacement et propose un plan d’action et d’accompagnement sur 6 mois pour les ménages souhaitant mieux utiliser l’offre de mobilité locale et réduire leurs déplacements en voiture. Par exemple, le plan d’action peut encourager les déplacements par mobilité active ou aider les familles à se familiariser avec Communauto. Plusieurs incitatifs sont offerts : prêt de vélos électriques, 6 mois d’abonnement et 1000$ de crédit chez Communauto ou rabais sur les titres de transport en commun de la STM.
Les défis rencontrés
Le GRAME à de la difficulté à rejoindre et à recruter des ménages souhaitant participer au programme. Présentement, 2 ménages ont rejoint le programme sur un objectif visé de 20, créant un manque de 18 ménages. Plusieurs efforts ont déjà été réalisés par le GRAME pour inciter la participation : une campagne de publicité ciblée, et une campagne de publicité sur leurs réseaux sociaux. Les efforts réalisés ne rejoignent malheureusement pas le public cible.
Le GRAME se demande comment diversifier les canaux de communication pour rejoindre les ménages cibles, soit qui possèdent au moins 1 véhicule et souhaite en réduire l’utilisation, et comment trouver un message adéquat pour encourager les automobilistes à joindre le programme.
Période de questions sur l'état des lieux du « Bon Mouv' »
Après la présentation de Marie et de Fannie, les participant·es furent invités à poser des questions afin de s'assurer de bien comprendre le projet « Le Bon Mouv' » et son état des lieux.
- Question 1. Quels secteurs de Lachine sont ciblés ?
- Réponse 1. Tous les secteurs sont ciblés.
- Question 2. Combien de ménages sont ciblés ?
- Réponse 2. 20 ménages sont ciblés. Cela peut être une famille ou une personne seule, tant que le ménage possède un véhicule.
- Question 3. L’engagement dure combien de temps ?
- Réponse 3. L'engagement dure 6 mois pendant lesquels il y a des suivis ponctuels.
- Question 4. Quels sont les outils fournis aux participants·es ?
- Réponse 4. Nous leur fournissons un journal de bord en version papier pour enregistrer leurs trajets et réflexions et un journal de bord numérique que le GRAME peut suivre.
- Question 5. Quel est l’objectif du programme ?
- Réponse 5. L'objectif est de changer les comportements et documenter ces changements.
Questions pour approfondir le sujet, commentaires et suggestions
Après toutes ces interrogations, le moment était venu de renverser la situation. Marie et Fannie furent invitées à poser des questions au groupe afin de réaffirmer leurs besoins afin que les participants·es puissent lui offrir des solutions. Plusieurs pistes émergèrent :
- Il serait possible de s’inspirer des Éco-quartiers et de leurs plans d’action mis en place pour mobiliser des participants·es à leur programme de zéro déchet.
- Mener une campagne de porte-à-porte:
- Procéder à un « mapping » pour orienter une campagne de porte-à-porte.
- Possiblement cibler des quartiers à l’ouest de la 32e avenue qui possèdent majoritairement des voitures, ou des quartiers qui vivent de la gentrification et de la densification.
- L’avantage du porte-à-porte, c’est qu’en peu de temps, il est possible de faire beaucoup d’adresses et d’entrer en contact direct avec plusieurs ménages.
- Des bénévoles pourraient participer à la campagne.
- Adopter une approche moins axée sur la « vente » du programme et ses incitatifs. Étant donné que Lachine vit présentement des changements au niveau du transport collectif avec le projet du grand Sud-Ouest, la campagne pourrait inclure un sondage ou une enquête qui cherche à obtenir l’opinion des résidents·es sur l’offre du transport ou sur leurs habitudes de mobilité. Ce sondage serait une porte d’entrée pour ensuite introduire le programme du GRAME, ou garder contact avec les citoyens·nes pour leur transmettre l’offre par courriel.
- Faire des annonces et séances d’informations de façon plus traditionnelle : dans les journaux locaux (« Nouvelles d’Ici »), dans les lieux municipaux (bibliothèques, centres aquatiques), par les infolettres de l’arrondissement et leur bulletin bisannuel. Parler du programme au conseil municipal.
- Valoriser les ménages participants·es : les mettre en valeur dans des vidéos promotionnelles, utiliser leur récit pour rejoindre d’autres ménages.
- Création de cohortes pour des périodes de 6 mois. Ces cohortes pourraient être en contact par des groupes Facebook ou autre, ce qui leur permettrait de partager leurs expériences et outils.
- Créer un effet de rareté et un sentiment d’urgence en annonçant qu’il reste peu de places au programme et qu’il y a une date limite pour s’inscrire.
Résumé des apprentissages
Après ces interventions, Marie et Fannie ont réfléchies à ce qu'elles avaient retenu des apprentissages et des pistes de solution qui leur avaient été offertes.
Elles ont conclu que le porte-à-porte est une approche qui semble pouvoir porter fruit. Il est important, par contre, de pouvoir être à l’aise à faire de la sollicitation. Cela demande une préparation pour offrir des dépliants avec les coordonnées du GRAME, ou de mettre en place un sondage. Il faut aussi être à l’aise pour présenter rapidement le projet et capter l’attention du citoyen.
L’idée de créer des cohortes leur paraît aussi intéressante. Cela permettrait de forger un esprit de communauté entre les participants·es et permettrait de valoriser leur expérience auprès d’autres.
Intéresser les citoyen·nes à la démotorisation : Tout un défi !
En guise de conclusion, les participant·es partagent ce qu’ils ont appris et apprécié du projet « Le Bon Mouv' » du GRAME. Quelques constats on émergés, notamment la difficulté d’intéresser les citoyen·nes à la démotorisation et de les inciter à changer leurs habitudes dans un quartier très centré sur la voiture et où il ne semble pas y avoir d’alternatives. Cependant, iels ont souligné qu'il avait été intéressant de réfléchir au type de message à véhiculer et à l’angle d’approche pour vendre un programme de mobilité sans infantiliser ni juger le public cible. Une solution serait, entre autres, de parler du programme d’accompagnement de façon indirecte.