Les habitudes de vie des jeunes travailleur-euse-s nuisent-elles à la performance?

Communauté de pratique en santé et mieux-être au travail (SMET) – Abitibi-Témiscamingue

Invité-e : Manon Bomy, UNIR

Pourquoi ce sujet est important pour la SMET

En santé/mieux-être au travail (SMET), comprendre les habitudes, les motivations et les besoins des différentes générations devient essentiel. Il ne s’agit pas seulement d’adapter les milieux de travail, mais aussi de reconnaître la diversité des réalités humaines à travers le temps.

Nous constatons que les jeunes générations, particulièrement la génération Z (nées entre 1997 et 2012), apportent une vision plus transparente et authentique du monde du travail. Elles osent nommer leur fatigue, leurs limites et leurs valeurs, contribuant ainsi à lever plusieurs tabous, notamment ceux liés à la santé mentale. Cette ouverture peut être perçue comme un défi pour certaines organisations, mais elle constitue aussi une formidable occasion d’évolution vers une culture plus humaine et inclusive.

Nos défis et enjeux

Aujourd’hui, quatre générations se côtoient au travail, chacune marquée par un contexte social, économique et technologique distinct.

  • Génération Z (moins de 30 ans) : souvent perçue comme plus volatile, cette génération cherche un fort alignement entre ses valeurs et celles de l’organisation. Elle valorise les leaders authentiques et les missions à impact sociétal. Ayant grandi dans un contexte de pandémie et de connectivité numérique constante, elle présente une grande sensibilité à l’anxiété et un besoin de sens au quotidien.
  • Génération Y (30 à 44 ans) : surnommée la « génération du burn-out », elle occupe de nombreux postes de gestion et fait face à un rythme de changement accéléré, souvent sans espace suffisant pour s’adapter.
  • Génération X : reconnue pour sa résilience et son attachement à la hiérarchie, elle a bâti son identité autour de la stabilité et de la transmission patrimoniale.
  • Baby-boomers : ils incarnent des valeurs de loyauté et de travail soutenu, parfois en contraste avec la flexibilité recherchée par les plus jeunes.

Cette diversité crée une richesse, mais aussi des frictions. L’un des enjeux les plus fréquemment mentionnés est le manque de compréhension mutuelle. La rapidité des changements et la surinformation accentuent cette fracture : les gestionnaires et collègues doivent composer avec des attentes, des modes de communication et des priorités différentes.

Parmi les autres défis observés :

  • L’usage du téléphone cellulaire et la distraction numérique constante, qui affectent la concentration et la collaboration.
  • La fragilité du sentiment d’appartenance, particulièrement chez les plus jeunes, pour qui une simple altercation peut mener à une démission rapide.
  • Les biais conscients et inconscients liés à l’âge, qui se traduisent parfois en blagues ou en jugements déguisés, tant envers les jeunes qu’envers les plus âgé-es.
  • Le manque de proximité humaine dans les grandes organisations, où la taille des équipes rend difficile la création de liens significatifs, notamment pour les directions et les services des ressources humaines.

Éléments clés ressortis des discussions

Manon Bomy a rappelé l’importance de prendre conscience de nos biais générationnels. Reconnaître que chaque génération détient sa propre réalité, ses forces et ses limites, permet de bâtir des ponts plutôt que de renforcer les stéréotypes.

Les échanges ont souligné plusieurs points saillants :

  1. La montée de l’authenticité au travail : Les jeunes recherchent un environnement où ils et elles peuvent être eux-mêmes, tout en respectant un certain décorum. L’équilibre entre authenticité et structure est essentiel : l’organisation doit permettre la liberté d’expression sans compromettre la cohésion ni la mission commune.
  2. L’importance de la communication transparente: La génération Z veut comprendre le « pourquoi » derrière les décisions. Cette quête de sens peut être perçue comme de la confrontation, mais elle témoigne souvent d’un besoin de cohérence et d’engagement.
  3. Le rôle des gestionnaires:  Les leaders doivent naviguer entre plusieurs réalités générationnelles. Cela exige de l’écoute, de la souplesse et une capacité à adapter leur style de gestion. Les gestionnaires sont appelés à devenir des facilitateurs du mieux-être collectif plutôt que de simples superviseur-es de performance.
  4. L’impact du numérique et du multitâche : Les travaux de Sonia Lupien sur les effets du multitasking rappellent que la surcharge cognitive nuit à la santé mentale et à la performance. La sensibilisation à ces effets, notamment à travers des formations ou outils (ex:Capsana ou de Karyne de Panoramat), devient une pratique essentielle de prévention.

Quelques pratiques prometteuses à tester dans son milieu

Les participant-es ont partagé plusieurs autres pistes d’action concrètes pour favoriser l’harmonie et la santé au travail, notamment :

  1. Assurer un équilibre dans les échanges:  Donner la parole à chacun-e lors des réunions, afin que toutes les générations puissent contribuer aux décisions et sentir leur voix entendue.
  2. Faire tourner les responsabilités: Le roulement des tâches ou des rôles au sein d’une équipe permet de mieux comprendre les défis des autres et de valoriser les forces de chacun-e.
  3. Introduire une touche d’humour : L’humour peut être un excellent outil de rapprochement, à condition qu’il soit inclusif et respectueux des différences.
  4. Créer des espaces de discussion de proximité : Mettre en place de petits groupes de réflexion ou des « cafés intergénérationnels » où les échanges se font dans un climat de confiance.
  5. Partager les bonnes pratiques et ressources internes : Valoriser les initiatives locales, les outils de communication interne et les formations disponibles pour renforcer la littératie numérique, la gestion du stress ou la collaboration intergénérationnelle.
  6. S’intéresser à la personne avant tout : Dans les grandes organisations, il peut être difficile de maintenir un contact humain. Il est toutefois possible d’encourager les gestionnaires à poser de simples gestes d’attention : une conversation individuelle, un mot de reconnaissance, une écoute sincère.

La rencontre de la communauté de pratique SMET de l’Abitibi-Témiscamingue a permis de mieux comprendre les réalités des jeunes générations au travail, tout en mettant en lumière les forces et les défis liés ;a l'harmonie intergénérationnelle.

Les différences d’habitudes, de communication et de rapport au travail ne sont pas des obstacles, mais des occasions de dialogue et d’évolution. 

Ressources:

pdf onepager-generations-au-travail1102

https://www.coesion-sp.ca/fr/ressources-details/lagisme-en-milieu-de-travail

https://cdn.ca.yapla.com/company/CPYtXvSko5xGbIJ6LKQ4No2d/asset/files/enquete_generation_z_20234645.pdf

https://unir.ca/

Conférencier, auteur, chercheur pour accéder à des livres, rapports, etc. : Carol Allain 

paddingNotebooks that include this note

SMET-CN - Ressources
file_copy 77 notes
person
Integrated by Valérie Savoie, on Nov. 7, 2025, 11:11 a.m.
category
Habitudes de vie, pratiques de gestion
SMET Outaouais - Ressources
file_copy 75 notes
person
Integrated by Valérie Savoie, on Nov. 7, 2025, 11:11 a.m.
SMET- Capitale-Nationale - Ressources
file_copy 45 notes
person
Integrated by Valérie Savoie, on Nov. 7, 2025, 11:11 a.m.
SMET Abitibi-Témiscamingue - Ressources
file_copy 56 notes
person
Integrated by Valérie Savoie, on Nov. 7, 2025, 11:10 a.m.

Author of note

smsContact the author

Linked group

Santé/Mieux-être au travail de l'Abitibi-Témiscamingue

Passerelles profile

Praxis Notebook

forumDiscuss about note

Published

Nov. 7, 2025

Edited

Nov. 7, 2025, 11:16 a.m.

Change history

Visibility

lock_open public

Quote this note

Valérie Savoie. (2025). Les habitudes de vie des jeunes travailleur-euse-s nuisent-elles à la performance?. Praxis (consulted Dec. 7, 2025), https://praxis.encommun.io/en/n/4Nr5FMuq_Lxqbk-bApvRMJ4Q2OE/.

shareCopy