Lors du camp d’été Rupture(s) de Transition en Commun qui a réuni près de 250 personnes les 28 et 29 août 2025 à la Cité-des-Hospitalières, Louise Constantin a souligné l’importance de repenser la gouvernance municipale montréalaise et d’agir face à la crise de l’itinérance. Selon elle, la transition socio-écologique ne peut se construire sans une réponse collective à l’urgence du logement et sans une solidarité à la hauteur de ce qui est selon elle une véritable crise humanitaire.
🏚️ Effets imprévus du camp d'été : la gouvernance municipale fragmentée
Le vox pop organisé pendant le 3e camp d'été de Transition en Commun a été l'occasion de demander aux participant·es s'il y avait autre chose qu'iels voulaient ajouter ou une question qu’on ne leur avait pas été posée.
Louise Constantin a souligné que le débat inversé organisé pendant le camp avait offert un moment fort d’échange entre élu·es et membres de la société civile. Elle en a profité pour soulever un enjeu qu’elle juge fondamental, mais peu abordé : le fonctionnement de la gouvernance municipale à Montréal. Selon elle, bien que la Ville adopte des politiques structurantes (familiale, économie sociale, participation citoyenne…), celles-ci ne s’appliquent qu’au niveau de la ville-centre.
⛓️💥 Rupture urgente : mise en œuvre concrète et leviers
D’après ce qu'elle a observé au camp ou dans ses milieux, nous avons interrogé Louise sur la rupture qui lui semblait la plus urgente pour faire avancer la transition socio-écologique à Montréal. Elle nous a offert plusieurs pistes de réflexion inspirantes.
🔇 Itinérance : une crise humanitaire ignorée
Selon Louise, la situation actuelle de l’itinérance à Montréal représente une véritable crise humanitaire. Elle s’étonne qu’il n’y ait pas une mobilisation générale de tous les niveaux de gouvernement et de la société pour y faire face — comme on a pu observer durant la crise du Verglas de 1998 ou de la COVID, rappelle-t-elle.
🏘️ Une problématique structurelle liée au logement
Elle explique que la majorité des personnes en situation d’itinérance sont des citoyen·nes ayant perdu leur logement, souvent à la suite d’évictions ou de pressions financières.
Elle déplore qu’on tende encore à blâmer les individus plutôt que de reconnaître les causes systémiques, notamment la crise du logement, le sous-financement des services sociaux et de santé, ou encore les politiques publiques inadéquates.
🤲 Un enjeu moral et collectif, au-delà des tensions locales
Elle considère que la présence grandissante de l’itinérance dans tous les quartiers de Montréal — et non plus seulement au centre-ville comme quand elle était enfant — devrait interpeller l’ensemble de la société.
Bien que Louise reconnaisse que certain·es citoyen·nes invoquent leurs droits légitimes à la tranquillité et à la propreté et qu’ils et elles méritent d’être entendues, elle insiste sur la nécessité de réagir collectivement, avec bienveillance et solidarité à cette crise. Elle indique qu’il faut prendre en compte les besoins de tout le monde.