Le 23 octobre 2024, Espace quartiers de Transition en Commun conviait citoyen·nes et organismes à sa 5e Grande rencontre de l’Espace quartiers, consacrée à l’équité territoriale dans un contexte de transition socio-écologique à Montréal. Les participant·es ont été acceuilli·es dans les locaux de l’organisme Petites-Mains situé dans le quartier de Villeray à Montréal. Pendant la soirée, Dominique Perreault, directrice de la Table Vivre Saint-Michel en Santé, a présenté la situation du quartier Saint-Michel.
Le quartier Saint-Michel : un territoire enclavé aux enjeux multiples
Pendant la 5e grande rencontre de l'Espace quartiers, Dominique Perreault, directrice de la Table Vivre Saint-Michel en Santé, a présenté la situation du quartier Saint-Michel, un quartier enclavé à Montréal qui illustre bien les défis liés aux inégalités territoriales et à la mobilité.
Le quartier abrite 57 330 habitant·es, parmi lesquels 46,5 % sont d'origine immigrante et 22,3 % vivent en dessous du seuil de pauvreté. La population est répartie en trois secteurs très différents : l’est, l’ouest et le sud, chacun ayant ses propres caractéristiques et défis. Par exemple, le quartier de l’est est marqué par une forte densité de population, de forts îlots de chaleur, une absence d’infrastructures culturelles et une situation difficile pour les enfants, suite à la fermeture du centre communautaire.
Le quartier est traversé par plusieurs grandes artères, dont l’autoroute 40, qui représente un danger pour la mobilité, surtout pour les piétons et cyclistes. Le boulevard Saint-Michel et Pie-X, bien que des axes de passage ne desservent pas efficacement les résidents, en particulier les personnes âgées, les jeunes et les familles. Le transport en commun est mal adapté, avec des délais de trajet longs, des bus souvent en retard, annulés ou indisponibles la fin de semaine. L'implantation du SRB (Service Rapide Bus) ne répond pas aux besoins du quartier.
De plus, une des grandes entraves majeures du quartier est la Carrière Francon, un immense espace de 1800 mètres de long et 400 mètres de large utilisé en hiver pour le dépôt de neige et en été comme entrepôt municipal et centre d’entraînement pour camions. Ce site, au cœur du quartier, est une source importante de nuisances sonores et d’activités industrielles, perturbant la vie des résident·es. Les jeunes, par exemple, doivent faire de longs trajets pour se rendre à l’école secondaire, car il n’y en a pas dans l’est du quartier. Une corrélation a même été établie entre le décrochage scolaire des jeunes et les difficultés liées au transport.
De plus, unes des grandes entraves majeure du quartier est la Carrière Francon, un immense espace de 1800 mètres de long et 400 mètres de large, utilisé en hiver pour le dépôt de neige et en été comme entrepôt municipal et centre d’entraînement pour camions. Ce site, au cœur du quartier, est une source importante de nuisances sonores et d’activités industrielles, perturbant la vie des résident·es.
L'engagement citoyen comme moteur de transformation locale
Pour répondre à ces enjeux, plusieurs projets sont en cours. La Table de quartier de Saint-Michel milite pour la création d’une passerelle reliant la rue Robert et Pie-X, afin de mieux connecter les secteurs du quartier. Ils souhaitent également transformer la neige en ressource plutôt qu’en déchet, à l’image de la reconversion de la carrière Miron qui est devenu le parc Frédérique-Bach. En outre, un projet innovant de traitement des neiges usées et la création d’un lieu multiservice sont envisagés pour améliorer les conditions de vie dans le quartier.
À Saint-Michel, plusieurs projets ont émergé grâce à la mobilisation citoyenne, mettant en avant l'engagement local pour transformer le quartier. Pour les habitant·es, la transformation passe d’abord par leur participation active, essentielle à la création de solutions durables et adaptées aux réalités locales.
Conclusion
Dominique Perreault a conclu en évoquant des perspectives positives pour Saint-Michel, notamment le lancement d'un portrait de la mobilité et des discussions politiques sur les enjeux de transport. Elle a aussi mentionné la poursuite du projet de reconversion de la Carrière Francon et le développement d'une serre chauffée par lixiviat, ce liquide contaminé résultant du passage de l'eau au travers des déchets enfouis ou stockés, un projet innovant pour la production alimentaire durable.