L’adaptation au veuvage : Portrait différencié des femmes et des hommes de 50 et + (rapport final)

Objectif
Pour avoir un portrait différencié des femmes et des hommes de 50 ans et plus dans l’adaptation au veuvage. Correspondait au plan d’action régional en égalité et en aînés. Un des premiers projets en ADS.

Description
Revue littéraire sur le deuil et le veuvage. Portrait statistique des personnes veuves. Soutiens offerts et des consultations auprès des veufs et des veuves de la VHSL (témoignages de besoins) et des recommandations.

Partenaires associés
CRÉ, comité aviseur aînés et comité aviseur en égalité.


SOMMAIRE EXÉCUTIF

La démarche qui a conduit à l'élaboration du présent rapport a été réalisée par le Comité aviseur Aînés de la CRÉ Vallée-du-Haut-St-Laurent et ses partenaires. Elle s'inscrit dans l'entente spécifique en égalité 2008-2010 ainsi que dans le Plan d'action 2010-2013 pour l'égalité entre les femmes et les hommes de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. C'est dans ce contexte que le Comité aviseur Aînés de la CRÉ, grâce à un soutien financier du Comité en Égalité de la CRÉ, a eu pour mandat de réaliser le rapport L'adaptation au veuvage : Portrait différencié des femmes et des hommes de 50 ans et plus.

Conformément à l’engagement de la CRÉ en ce qui a trait à l’application de l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) dans ses pratiques de planification, de gestion et d’intervention, la firme embauchée pour soutenir la réalisation de cette étude, Darvida Conseil, a porté une attention particulière aux effets et aux besoins potentiellement différents des femmes veuves et des hommes veufs de 50 ans et plus de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent.

En plus de documenter les problématiques du deuil et du veuvage, les effets et les besoins des personnes veuves, l’étude a permis d’examiner les types d’interventions développés au Québec et d’analyser l’offre de services actuellement disponible dans la région de la Vallée-du-Haut- Saint-Laurent.

Pour ce faire, une consultation auprès de personnes veuves de la région a été réalisée. Concrètement, la consultation par groupes de discussion et entrevues téléphoniques a permis de rejoindre trente-et-une personnes, dont vingt-six femmes et cinq hommes. Parmi les participants certains résidaient en milieu urbain, d’autres en milieu rural et l’âge des participants variait entre 51 et 88 ans.

Parallèlement à la consultation des personnes veuves, une recherche documentaire et statistique a aussi été réalisée. On retient de cette revue de littérature que les phases de la résolution du deuil séquencent dans le temps le processus de deuil. Chaque étape soulève des difficultés et des besoins différents, qui sont à combler par les personnes en deuil. En ce qui concerne spécifiquement le deuil d’une conjointe ou d’un conjoint, celui-ci a d’importantes retombées émotionnelles, physiques, cognitives, comportementales et financières, et un bouleversement du réseau social de la personne veuve.

L’étude illustre que le veuvage se vit différemment selon le genre (masculin ou féminin), principalement en raison des modes de gestion différents des émotions, des distinctions sur le plan de la socialisation et des acquis généralement différents des hommes et des femmes quant à la réalisation de tâches quotidiennes. L’âge avancé (50 ans et plus) des personnes veuves prédispose à une plus grande difficulté d’adaptation au veuvage, notamment parce ces personnes vivent déjà, dans plusieurs cas, une période de changements (retraite, départs enfants, vieillissement).

L’étude démontre également que plusieurs facteurs favorisent l’adaptation au veuvage, comme la présence d’un confident, la fréquentation d’amis et d’autres veufs, la fréquentation d’un lieu de culte et la participation « sociale » à diverses associations et organisations communautaires.

D’autres facteurs peuvent toutefois freiner l’adaptation au veuvage pour les personnes de 50 ans et plus. Par exemple, le fait d’avoir un faible revenu, de vivre loin de ses enfants, d’être insatisfait de l’aide reçue pendant la période d’accompagnement de la personne mourante, d’être socialement isolé, etc.

Un portrait statistique réalisé en lien avec le veuvage au Québec, démontre que le nombre de femmes nouvellement veuves équivaut annuellement à environ le double des nouveaux veufs. Ceci est dû principalement à la forte surmortalité masculine et l’écart d’âge entre les époux au mariage (homme plus âgé que la femme). On constate par ailleurs que ce déséquilibre augmente selon les différentes tranches d’âge. D’autre part, on remarque que le nombre de veufs qui se remarient annuellement équivaut sensiblement au nombre de femmes veuves qui se remarient, et ce, malgré le fait que les femmes veuves sont deux fois plus nombreuses que les hommes. À ce sujet, 8,9 % des hommes veufs se remarient moins d’un an après le décès de leur conjointe comparativement à 3,7 % pour les femmes veuves.

Une analyse des services nous permet de distinguer deux types de soutien offert aux veufs et veuves de 50 ans et plus, soit le soutien direct et le soutien   indirect. Le soutien direct réfère aux services spécifiquement développés pour les personnes veuves : les services de prévention et d’information, le soutien et le suivi médical dispensé par les ressources de la santé, les services de soutien psychologique et émotionnel (groupe ou individuel), le soutien administratif et les services de célébration et de commémoration.

Le soutien indirect, quant à lui, regroupe les autres services qui permettent de répondre à certains besoins des personnes de 50 ans et plus dans une situation d’adaptation au veuvage, mais qui ne leur sont pas spécialement destinés. Il s’agit de services tels le transport, le soutien alimentaire, l’aide ménagère et aux menus travaux, le soutien à l’intégration et à l’implication sociale, les services de loisirs et les services d’orientation et d’information.

Le soutien offert par les proches des personnes veuves (famille et amis) rejoint plus ou moins le même type de soutien que celui offert par les organisations, mais il est surtout présent dans les premières semaines ou les premiers mois suivant le décès de la conjointe ou du conjoint. Ce soutien est très variable selon les familles et les réseaux sociaux et ne peut répondre à tous les besoins des personnes endeuillées durant les différentes étapes du processus de deuil d’un(e) conjoint(e).

Contrairement à d'autres régions d’envergure comparable à celle de la Vallée-du-Haut-St- Laurent, on remarque que le soutien aux endeuillés disponible dans la région est peu développé. De façon plus précise, on note que le soutien psychologique et émotionnel aux endeuillés est peu développé et qu’aucun groupe d’entraide n’est développé pour la clientèle exclusive des personnes veuves. Quelques services de soutien psychologique et émotionnel sont offerts en individuel par le réseau de la santé et des ressources privées, mais aucune ressource n’offre d’intervention différenciée pour les hommes et les femmes veuves.

Par ailleurs, l’offre de soutien indirect (transport, alimentation, loisir, implication sociale) est plus développée dans la région. De façon générale, les personnes endeuillées de 50 ans et plus doivent conjuguer avec une structure de services organisée principalement pour répondre à la majorité de la population, et non pour des personnes âgées vivant un deuil majeur dans leur vie.

Les consultations auprès des veufs et veuves de la région font ressortir une série de besoins à considérer dans la réflexion pour l’élaboration d’un plan d’intervention. Les principaux besoins retenus et détaillés dans le rapport sont : le soutien avant le décès d’un conjoint (cas de longue maladie), le soutien autre que celui des proches, l’accès à davantage d’information, l’accès à des services longtemps après le décès du conjoint, un service d’aide plus soutenu, le développement de service de soutien à proximité, le soutien pour le maintien des contacts sociaux, le soutien de groupes destinés tout particulièrement aux femmes veuves de 50 ans et plus et la consolidation d’autres services indirects tels que le transport, le soutien pour des menus travaux, etc. Enfin, la consultation auprès des personnes veuves a permis de confirmer des besoins différents chez les femmes et les hommes, mais également, des besoins potentiellement différents selon le contexte du décès de la conjointe ou du conjoint (longue maladie vs décès subit).

De l’analyse de l’ensemble des informations recueillies dans le cadre de cette étude, des recommandations ont été formulées par les chercheurs de Darvida Conseil et les membres du Comité de mandataires chargé de piloter la démarche.


INTRODUCTION

En mars 2011, la Conférence régionale des élus (CRÉ) Vallée-du-Haut-Saint-Laurent a entamé, en collaboration avec d’autres partenaires de la région et Darvida Conseil, une étude portant sur l’adaptation au veuvage des personnes de 50 ans et plus.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’entente spécifique en égalité 2008-2010 de la CRÉ Vallée-du-Haut-Saint-Laurent et du plan d’action pour l’égalité entre les femmes et les hommes de la VHSL 2010-2013. Par ailleurs, la CRÉ a adopté en 2009 une politique d’égalité et de parité qui l’engage à intégrer l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) à ces pratiques de planification et de gestion dans ses divers domaines d’intervention et au sein des diverses commissions et groupes de travail (planification stratégique, diagnostics, plans d’action, appels de projets, suivi et évaluation des projets, etc.).

« L’analyse différenciée selon les sexes (ADS) est un processus d’analyse qui vise à favoriser l’atteinte d’une égalité de fait entre les femmes et les hommes. Elle permet de discerner, de manière préventive, les effets distincts sur les femmes et les hommes que pourra avoir l’adoption d’un projet à l’intention des citoyennes et des citoyens, et ce, sur la base des réalités et des besoins différenciés des femmes et des hommes. Elle s’effectue au cours de l’élaboration, de la mise en œuvre, de l’évaluation et du suivi d’un projet. Dans certaines situations, l’ADS mènera à l’offre de mesures différentes aux femmes et aux hommes en vue de réduire les inégalités. Sa finalité est d’atteindre une égalité de fait. »1

1 Gouvernement du Québec, Secrétariat à la condition féminine du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (2007). L’analyse différenciée selon les sexes dans les pratiques gouvernementales et dans celles des instances locales et régionales, p.4.

Le Comité aviseur en Égalité souhaitait aborder la question égalitaire entre les femmes et les hommes aînés. Il s’est adressé au Comité aviseur Aînés pour la réalisation d’un projet conjoint.

C’est donc dans ce contexte que le Comité aviseur Aînés de la CRÉ Vallée-du-Haut-Saint- Laurent, grâce à un soutien financier du Comité Égalité a confié à Darvida Conseil le mandat de réaliser le rapport L’adaptation au veuvage : Portrait différencié des femmes et des hommes de 50 ans et plus.

Ainsi, la démarche entreprise consistait à mieux connaître les problématiques et les besoins des femmes veuves et des hommes veufs. L’angle d’analyse privilégié consistait, à différencier les femmes et les hommes, mais également, à tenir compte d’autres caractéristiques pertinentes, comme l’âge des personnes veuves et leur lieu de résidence (rural et urbain). La démarche visait également à dresser un portrait des services et des meilleures pratiques développés pour les personnes veuves au Québec, en plus d’analyser l’offre de services disponibles dans la région de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. Ultimement, la finalité de cette étude était d’alimenter la réflexion des partenaires concernés de la région pour l’élaboration d’un plan concerté devant permettre de mieux intervenir auprès de la clientèle ciblée des veuves et des veufs de 50 ans et plus de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent.

Pour ce faire, la démarche qui a rendu possible cette étude s’est réalisée en trois phases, soit une recherche et une analyse documentaire (revue de littérature et recherche de statistiques), une collecte de données sur le terrain (consultation auprès de veuves et de veufs de la région) ainsi que l’analyse des résultats obtenus et la rédaction du présent rapport.

La section suivante de ce document est consacrée à la méthodologie de l’étude. La section 1, Le deuil et le veuvage : revue de littérature, est, comme son titre l’indique, dédiée à une revue de littérature concernant différentes thématiques liées au processus de deuil et à l'adaptation au veuvage. Dans   cette section, sont entre autres abordés, les définitions, les étapes et les défis du deuil, ainsi que divers facteurs susceptibles d’influencer la situation de veuvage dont, entre autres, le fait d’être un homme veuf ou une femme veuve. Quelques modèles généraux d’intervention sont également présentés.

La section 2 propose quant à elle un portrait statistique des personnes veuves au Québec ainsi que certaines données touchant spécifiquement veuves et veufs de la Vallée-du-Haut-Saint- Laurent.

Quant à la section 3, celle-ci est consacrée aux services de soutien offerts aux veuves et aux veufs ainsi qu’aux pratiques généralement reconnues. Une catégorisation des types de services y est réalisée et d'après les résultats des recherches documentaires et des consultations, un portrait synthèse des services offerts dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent est aussi dressé.

La section 4 est, quant à elle, dédiée à la présentation des besoins issus des consultations réalisées. Elle traite également du degré de connaissance des personnes consultées quant aux services disponibles dans leur région, ainsi que des ressources auxquelles elles ont eu recours pour les aider dans leur processus de deuil.

Enfin, en guise de conclusion, la cinquième et dernière section présente les principales recommandations qui ressortent de l’analyse de l’ensemble des informations recueillies. Ces recommandations ont pour but d’alimenter la réflexion des personnes qui seront responsables de l’élaboration du plan d’action visant à améliorer l’intervention auprès des personnes veuves de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent.


MÉTHODOLOGIE

Voici un descriptif des divers travaux qui ont permis la réalisation de ce rapport :

Création d’un comité de mandataires

Afin de suivre l’avancement des travaux, d’assurer le lien avec les conseillers de Darvida Conseil et de valider les outils de collecte de données ainsi que le rapport final, un comité de mandataires a été formé. Ce comité était composé des personnes suivantes :

  • Annik Hall, CRÉVHSL;
  • Anyze Goyette, CSSS du Haut-Saint-Laurent;
  • Geneviève Beauchemin, CRÉVHSL;
  • Geneviève Couture, Ancre et Ailes du Haut-Saint-Laurent;
  • Jean-Charles Phaneuf, CSSS du Haut-Saint-Laurent;
  • Jean-Denis Lefebvre, CLSC Châteauguay / CSSS Jardins-Roussillon;
  • Jean-Sébastien Naud, CSSS du Haut-Saint-Laurent;
  • Marie-Josée Leduc, Résidence-Elle du Haut-Saint-Laurent et membre du comité égalité de la CRÉVHSL;
  • Lynn Caza, Lifeline Haut-Saint-Laurent.

À souligner également l’implication de Mme Nathalie Archambault du CSSS du Suroît pour le recrutement de participants pour la démarche de consultation.


Recherche documentaire et statistique

Plusieurs ouvrages et articles ont été consultés de façon à procéder à une revue de littérature portant notamment sur :

  • les problématiques vécues par les veufs et les veuves;
  • les interventions et les services destinés aux veufs et veuves dans la Vallée-du-Haut- Saint-Laurent;
  • certains types de pratiques et d’interventions destinées aux personnes endeuillées qui ont été développées (principalement au Québec).

Une recherche statistique portant sur les personnes veuves au Québec et sur le territoire de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent a été réalisée afin de recueillir certaines caractéristiques sociodémographiques.


Consultation auprès de veuves et de veufs de la Vallée-du-Haut-St-Laurent

La consultation s’est réalisée par le biais de groupes de discussion et d’entrevues téléphoniques. Au total, trente-et-une (31) personnes veuves ont été rejointes, soit vingt-six (26)  femmes et cinq (5) hommes. Plus précisément, voici le détail des activités de consultation et des informations quant au profil des personnes veuves rejointes dans la Vallée-du-Haut-St- Laurent :

  • un premier groupe de discussion a été effectué auprès de neuf (9) femmes francophones de 50 ans et plus vivant en milieu rural;
  • un deuxième groupe de discussion a été effectué auprès de cinq (5) femmes francophones de 50 ans et plus vivant en milieu urbain;
  • dix-sept (17) entrevues téléphoniques ont été réalisées avec des personnes veuves, soit :
    • cinq (5) entrevues avec des hommes francophones
      • un (1) homme résidait en milieu rural
      • quatre (4) hommes résidaient en milieu urbain
    • douze (12) entrevues avec des femmes
      • trois (3) résidaient en milieu rural
      • neuf (9) résidaient en milieu urbain
      • quatre (4) femmes étaient anglophones
      • huit (8) femmes étaient francophones

Notons que les personnes consultées étaient veuves depuis une période plus ou moins longue allant de trois mois à treize ans.

Notons enfin que la distribution de l’âge des trente et une (31) personnes veuves consultées s’établissait ainsi :

  • cinq (5) personnes entre 50 à 59 ans
  • onze (11) personnes entre 60 à 69 ans
  • neuf (9) personnes entre 70 à 79 ans
  • cinq (5) personnes de 80 ans et plus
  • une (1) personne (âge inconnu)


1. LE DEUIL ET LE VEUVAGE : REVUE DE LITTÉRATURE

L’une des conséquences du mode de vie contemporain dans les sociétés industrialisées est le fait que le deuil est de plus en plus vécu de façon privée2. La société a tendance à évacuer l’idée de la mort, de la tristesse et de la souffrance qui l’accompagne. Ce contexte a comme effet pervers de pousser la personne endeuillée, qui éprouve des difficultés particulières, à s’isoler et à vivre un « repli sur soi »3. En outre, les rituels sociaux entourant le deuil sont de plus en plus inexistants; ils avaient pourtant une fonction importante dans le processus de résolution de deuil. 4

2 Caradec, V. (2001) « Le veuvage, une séparation inachevée ». Terrain, revue d’ethnologie de l’Europe. Numéro 36 : pp.69-84.

3 Caradec, V. (2001) Op.cit.

4 Monbourquette, J. (1996) Groupe d’entraide pour personnes en deuil : comment l'organiser et le diriger. Montréal : Novalis.

On note par ailleurs, une certaine pression sur la personne endeuillée à résoudre son deuil le plus rapidement possible et à évacuer sa peine de la sphère publique. Le deuil n’a plus de place dans la société civile5. C'est-à-dire qu’alors que les membres d’une même communauté locale se réunissaient autrefois à l’église ou dans d’autres lieux de cultes et se mobilisaient pour aider la personne endeuillée afin de lui apporter du réconfort, les recherches ont démontré que le soutien « naturel » de la communauté est presque inexistant dans nos sociétés modernes6. La pression est donc importante sur les membres de la famille ainsi que sur le réseau personnel des personnes en deuil qui doivent assurer une part importante du soutien moral et psychologique aux veufs et veuves. En réaction, on note l’apparition de nouveaux acteurs sociaux qui pourraient être qualifiés de facilitateurs du deuil (centres funéraires, thérapeutes, psychologues, groupes d’entraide) qui tendent à jouer le rôle de soutien social que la communauté ne joue plus auprès des endeuillés7.

5 Bacqué, M. F. et Hanus, M. (2000) Le Deuil. Que sais-je? Paris : PUF.

6 Idem.

7 Caradec, V. (2001) Op.cit.
Bacqué, M. F. et Hanus, M. (2000) Op.cit.

Consultez la section ici : L’adaptation au veuvage : Revue de littérature


2. PORTRAIT STATISTIQUE DES PERSONNES VEUVES

Afin d’alimenter cette étude sur le veuvage, voici quelques statistiques sur la situation des personnes veuves au Québec et dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. Comme pour la section qui sera consacrée aux services de la région, les statistiques régionales concernent cinq MRC, soit celles de Beauharnois-Salaberry, du Haut-Saint-Laurent, des Jardins-de-Napierville, du Roussillon et de Vaudreuil-Soulanges.

Consultez la section ici : L’adaptation au veuvage : Portrait statistique des personnes veuves


3. LE SOUTIEN OFFERT AUX VEUVES ET VEUFS

Cette section consacrée aux services de soutien offerts aux veufs et aux veuves est à la fois tirée des résultats d’une recherche et d’une analyse documentaire et des consultations réalisées auprès des veuves et veufs dans le cadre de l’étude. La sous-section suivante propose ainsi une catégorisation des types de services qui sont offerts et utilisés par les personnes veuves de 50 ans et plus. Cet exercice a pour but de présenter et de distinguer la nature et la portée du soutien généralement offert aux personnes veuves. Sur la base de cette catégorisation, une deuxième sous-section sera consacrée aux services identifiés par les personnes veuves consultées dans le cadre de cette étude, et plus spécifiquement, les services disponibles dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent.

Dans la littérature, quelques modèles de services et d’interventions sont proposés afin de distinguer le type de soutien généralement offert aux personnes veuves. La plupart des modèles sont établis à partir d’une catégorisation des différents besoins des personnes veuves. À partir de l’analyse des différents modèles proposés dans la littérature et des informations recueillies lors des consultations, voici proposée, une catégorisation des services offerts aux veuves et aux veufs de 50 ans et plus.

Consultez la section ici : L’adaptation au veuvage : Le soutien offert aux veuves et veufs.


4. PORTRAIT DES CONSULTATIONS AUPRÈS DE VEUVES ET VEUFS DE LA VALLÉE-DU-HAUT- SAINT-LAURENT

Dans les pages suivantes sont présentés d'autres faits saillants issus des consultations réalisées auprès de veuves et de veufs de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. À titre de rappel, précisons que ce sont 31 personnes veuves qui ont été rejointes au cours de la consultation, soit par le biais de groupes de discussion ou encore, d’entrevues téléphoniques individuelles. Dans un souci de considérer la méthode d’analyse différenciée selon les sexes, rappelons également que des femmes et des hommes ont été rejoints, soit 26 femmes et 5 hommes.

Cette section est donc consacrée à la présentation des principales problématiques et des principaux besoins énoncés par les participants ou qui ressortent de l’analyse des propos recueillis90. Elle traite aussi du degré de connaissance des personnes rencontrées quant au soutien disponible dans leur région. Elle s’attarde également aux services et aux soutiens qui ont été utilisés par ces dernières.

90 À certains endroits, le lecteur remarquera que des groupes particuliers sont nommés (femmes, hommes, veuves et veufs plus âgés, etc.). Il en est ainsi pour des besoins spécifiquement énoncés par des groupes particuliers parmi les veuves et les veufs consultés. À moins de telles précisions, les besoins présentés plus bas peuvent être considérés comme correspondants aux besoins des veuves et des veufs en général. Il est également à noter que les besoins présentés ne sont pas classés par ordre de priorité.

Consultez la section ici : L’adaptation au veuvage : Consultations auprès de veuves et veufs de la VHSL.


5. CONCLUSION : QUELQUES RECOMMANDATIONS

Cette section présente diverses recommandations visant à consolider et à développer l’offre de services destinée aux veufs ainsi qu’aux veuves de la Vallée du Haut Saint-Laurent.


5.1 POUR UNE OFFRE DE SERVICES ET UN SOUTIEN QUI TIENNENT COMPTE DES BESOINS DIFFÉRENCIÉS

Avant de procéder à la présentation des principales recommandations issues de l’analyse de cette étude, il est pertinent de revenir sur les principales variables qui devaient être considérées dans le cadre de cette étude, soit le genre des personnes veuves (hommes et femmes), l’âge, le lieu de résidence (rural et urbain), ainsi que la langue d’usage (anglais et français).

La consultation réalisée, bien qu’elle ait été d’une envergure moindre que celle anticipée au départ, a généralement permis de rejoindre des personnes correspondant aux différentes variables décrites plus haut, bien qu’aucun homme anglophone n’ait été rejoint. Voici donc, selon nous, ce qui devrait être principalement retenu à propos de ces variables.


5.1.1
L’IMPORTANCE DU GENRE DANS L’ADAPTATION AU VEUVAGE ET LA RECHERCHE DE SERVICES

La variable la plus importante est certainement le genre des personnes veuves, en ce sens qu’elle distingue clairement les hommes des femmes quant à la façon de vivre le deuil et quant aux besoins qui émanent de cette étape. L’une des premières différences remarquées est certainement la propension des hommes à s’investir dans une nouvelle relation amoureuse. Dans la majorité des cas, les hommes ont révélé avoir une nouvelle compagne de vie, bien que la plupart n’habitent cependant pas avec cette compagne. Lorsqu’on écoute ces hommes, on se rend rapidement compte que cette nouvelle relation est considérée comme étant la principale source d’aide et de soutien qu’ils ont obtenue suite au décès de leur conjointe. C’est- à-dire que c’est cette personne qui les a soutenus et qui les soutient encore psychologiquement et émotionnellement dans les moments les plus difficiles. C’est grâce à cette nouvelle compagne qu’ils ont retrouvé un sens à leur vie, c’est avec elle qu’ils réalisent des sorties, qu’ils participent à des activités, etc.

Le soutien ménager et alimentaire n’apparaît pas être le type de soutien apporté par la nouvelle conjointe. Les hommes consultés vivent seuls, selon leur choix ou d’un accord mutuel avec la nouvelle conjointe. Pour la grande majorité, ils ont appris « à la dure » à réaliser toute sorte de tâches ménagères, alors qu’ils étaient les proches aidants de leur conjointe. Lors de la maladie, ils ont appris à se débrouiller et aujourd’hui, ils semblent apprécier cette autonomie. Les femmes ont beaucoup insisté sur le besoin d’avoir accès à des occasions de rencontres sociales et à des contacts humains quotidiens. Pour les hommes consultés, ce besoin a été peu énoncé et la présence d’une compagne dans la vie de ces hommes n’est probablement pas étrangère à cette différence.


5.1.2
L’ÂGE, UNE VARIABLE NÉGLIGEABLE

La variable de l’âge semble, selon les informations recueillies, être moins significative que le genre. Soulignons d’abord que, concernant l’adaptation au veuvage, les groupes de discussion et les échanges entre les participants ont montré qu’une femme veuve de 85 ans avait parfois beaucoup plus en commun avec une femme de 55 ans qu’une autre femme de son âge. Les circonstances du décès (accidentel ou suite à une longue maladie), le soutien obtenu du réseau de la santé lors de la maladie, les relations familiales et la présence des proches semblent être des facteurs qui influencent davantage l’expérience du deuil et la situation de veuvage que l’âge des personnes veuves. Dans les faits, deux éléments distinctifs concernant l’âge ont véritablement été partagés. D’abord, l’isolement peut être plus grand auprès des jeunes veufs et veuves lors des premières semaines et mois qui suivent le décès du partenaire. L’autre distinction soulevée concerne la capacité et l’intérêt plus limités des personnes veuves plus jeunes à utiliser les services ou à participer aux activités destinées aux personnes veuves, aux endeuillés ou encore aux aînés. Parce qu’elles ne se reconnaissent pas dans les activités offertes (sociales et de loisirs) ou parce qu’elles sont actives sur le marché du travail et que plusieurs activités et services destinés sont dispensés le jour, l’offre de services et d’activités les rejoignent généralement moins.


5.1.3
MILIEU RURAL OU URBAIN : PEU DE DIFFÉRENCE

Le lieu de résidence des personnes veuves (en milieu rural ou urbain) a fait ressortir peu de différences parmi les participants. Dans la mesure où la majorité des participants ont montré une faible connaissance et utilisation des services, l’accessibilité différenciée aux services n’est pas une variable qui a pu être constatée lors des consultations. Il est important de préciser que le caractère urbain entendu ici pour la région de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, ne peut être comparé à celui de villes comme Montréal, Québec ou Laval, où le transport en commun est plus développé et où l’automobile n’est pas une nécessité pour l’accès à la grande majorité des services et des commodités.

Néanmoins, quelques femmes qui habitent en milieu rural ont fait part d’un sentiment de plus grand isolement ou d’une crainte d’isolement plus marqué que les femmes qui habitent en milieu urbain. Ces femmes ont en effet l’impression que le vieillissement et la possible perte d’autonomie rendront plus difficile leur vie au quotidien, principalement en raison des problèmes de mobilité qui pourraient surgir (perte du permis de conduire, santé défaillante, etc.). Cette réalité fait envisager à plusieurs l’obligation de quitter leur maison et de se rapprocher des centres de services.


5.1.4
DES PRÉOCCUPATIONS ET DES BESOINS SEMBLABLES CHEZ LES FEMMES FRANCOPHONES ET ANGLOPHONES

De façon générale, on peut dire que les besoins des veuves anglophones qui ont été interrogées sont sensiblement les mêmes que ceux des besoins de leurs comparses francophones. Par ailleurs étant donné qu’aucun homme anglophone n’a été rejoint dans le cadre des consultations, il est impossible de se prononcer quant à leurs vécus. Notons par ailleurs, que les consultations ont relevé l’importance d’offrir des services et des informations en anglais afin de rejoindre les endeuillés qui parlent anglais.


5.2 LES RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

À la lumière de l’ensemble des informations recueillies dans le cadre de cette étude, voici quelques recommandations concernant le soutien aux personnes veuves de la Vallée-du-Haut- Saint-Laurent.

  • Accroître le soutien aux proches aidants afin d’éviter l’épuisement de ces personnes et de mieux les informer des ressources disponibles pendant l’accompagnement de la personne malade.
  • Développer en priorité des services de soutien psychologique et émotionnel gratuits ou à faibles coûts destinés spécifiquement aux endeuillés de conjointes ou de conjoints :
    • Considérer particulièrement le développement de groupes de soutien destinés aux femmes veuves.
    • Considérer le développement de groupes de soutien qui tiennent compte des « patterns » instrumental et intuitif.
    • Considérer davantage, dans l’organisation d’éventuels groupes, le contexte du décès que l’âge des personnes veuves (accident, proche aidant suite à une longue maladie, etc.).
    • Privilégier le développement de groupes de soutien non-mixtes dans une première phase de développement de services.
    • Prévoir le développement de mécanismes de formation en s’assurant que le contenu du matériel de formation prenne en compte les différents constats de la présente étude en lien avec la différenciation des besoins entre les femmes et les hommes et constituer une banque de bénévoles qui seront éventuellement en mesure d’animer des groupes d’entraide et qui seront sensibilisés aux besoins différenciés entre les femmes et les hommes (compréhension du deuil, connaissance par l’expérience, etc.).
  • Développer des mécanismes d’information spécifiquement dédiés aux personnes veuves (documentation sur le veuvage, bottin de services, etc.), mais aussi des outils de prévention et d’information destinés à la population en général, incluant les proches des personnes veuves :
    • Privilégier la présence de personnes mandatée pour rejoindre en personne les veuves et les veufs actuels (ou éventuel) : c’est-à-dire que le contact humain doit être privilégié afin de renseigner, d’expliquer et de démystifier les services disponibles. Il est important de considérer qu’une partie de la population est analphabète et que la diffusion d’information écrite a une portée limitée.
    • Privilégier la diffusion d’information dans les endroits connus et propices à rejoindre la clientèle ciblée (ex. CLSC, centres communautaires, pharmacies, centres d’action bénévoles, salons funéraires) en s’assurant de rejoindre autant les femmes que les hommes tant dans le message transmis que dans le visuel utilisé.
    • S’assurer que les outils d’information ou les personnes mandatées pour rejoindre et informer les clientèles ciblées, connaissent les ressources qui offrent les services de soutien directs, mais aussi les services indirects à même de soutenir les personnes veuves et qu’elles soient sensibilisés aux réalités vécues différemment les femmes et les hommes.
  • Envisager la possibilité de développer des services davantage individualisés en regard de la population des hommes veufs. Des services de pairage avec des hommes qui ont connu ou vivent le deuil de leur conjointe pourraient être une voie intéressante.
  • S’assurer que les services de soutien actuels ou à développer seront destinés à tous les veufs et les veuves, quelle que soit la période écoulée depuis le décès. Les besoins des personnes veuves apparaissent souvent plusieurs années suivant le décès du conjoint ou de la conjointe et ces personnes doivent sentir que les services s’adressent à eux.91
  • Développer la continuité des services avant et après le décès auprès des personnes veuves. Les ressources de la santé, qui sont en contact avec les « futurs veuves et veufs » devraient assurer un meilleur soutien suite au décès du conjoint ou de la conjointe, ou encore permettre une transition et un accompagnement plus systématique vers d’autres ressources de soutien aux personnes veuves.
  • Poursuivre le développement d’activités sociales et de loisirs adaptées aux différents groupes d’âges et intérêts des aînés de 50 ans et plus (occasions de rencontres et d’échanges) en s’assurant que les activités soient diversifiées afin de répondre tant aux besoins des femmes que des hommes.
  • Développer, en lien avec les activités de soutien actuelles ou à développer, des services de soutien en transport pour les personnes à mobilité réduite (créer ces services ou développer des partenariats avec les organismes qui offrent déjà ce type de services).
  • Poursuivre le développement et la diffusion d’information concernant l’existence des services de « visites ou d’appels d’amitié » offerts par les organismes communautaires de la région et destinés aux personnes aînées :
    • Cibler particulièrement les personnes veuves.
    • Cibler particulièrement les personnes éloignées des centres de services ou qui ont une mobilité réduite (limitation physique ou de transport).
  • Sensibiliser les organismes qui offrent des services de soutien de type indirect (popote, travaux ménagers, transport, etc.), aux risques de vulnérabilité et d’isolement présents chez les veuves et les veufs et ce, selon les réalités différenciées des femmes et des hommes.
  • S’assurer que les outils d’information, les ressources et les services développés permettent l’accessibilité des francophones et des anglophones.
  • S’assurer que les responsables du culte (curés, prêtres, aumôniers, etc.), les ressources de la santé, les dirigeants et intervenants communautaires travaillant auprès des aînés et les aînés eux-mêmes, soient impliqués dans une poursuite de la réflexion concernant le soutien aux veuves et aux veufs. Ces personnes sont des personnes de confiance pour un nombre non négligeable d’endeuillés.
  • Favoriser l’accessibilité au plus grand nombre en développant des services dans les régions centrales de la région et prévoir, à court ou moyen terme, des services d’accompagnement en transport pour les personnes plus éloignées qui ne peuvent se déplacer.
  • Promouvoir les occasions d’implication bénévole auprès des personnes veuves, particulièrement auprès des hommes veufs, chez qui le bénévolat semble être une avenue intéressante afin d’éviter leur isolement et se reconstruire une nouvelle vie suite au décès de leur conjointe.
  • Tenir comptes des modèles théoriques développés en France (voir la section 1.8) pour en tirer des éléments applicables et pertinents pour la prestation de services aux personnes en deuil dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent.

91 Une certaine période minimale suivant le décès du conjoint ou de la conjointe est cependant parfois préférable avant d’entreprendre une démarche de soutien auprès des personnes veuves (habituellement quelques mois après le décès).

Il est important de rappeler que ces recommandations découlent de l’analyse de Darvida Conseil. Il revient aux responsables du comité de mandataires ou à toute personne impliquée dans la réflexion prochaine concernant le plan d’action destiné au soutien des personnes veuves de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent, de retenir ou de prioriser ces recommandations. La lecture de cette étude pourrait aussi éventuellement amener le lecteur à considérer d’autres avenues de développement prioritaires.

Nous tenons à remercier toutes les personnes ayant acceptées généreusement de participer aux groupes de discussion ainsi qu’aux entrevues.

Le projet a été rendu possible grâce à la participation financière du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine par le biais de l’entente spécifique en égalité 2008-2010, ainsi que du CSSS du Haut-Saint-Laurent, du CSSS Jardins-Roussillon et du CSSS de Vaudreuil-Soulanges.

Dépôt légal - Bibliothèque et archives nationales du Québec, 2012
ISBN : 978-2-924087-03-9

pdf L’adaptation au veuvage : Portrait différencié des femmes et des hommes de 50 et + (rapport final)

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Ressources et outils en analyse différenciée selon les genres (ADS +)
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Articles, rapports et comptes-rendus de recherche, Documents d'analyse et de présentation
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Montérégie, QC, Canada

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May 28, 2012

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July 24, 2025, 8 a.m.

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Eve Chevalier, Véronique Larose, Emily Mack, Joël Nadeau, Gédéon Verreault. (2012). L’adaptation au veuvage : Portrait différencié des femmes et des hommes de 50 et + (rapport final). Praxis (consulted Jan. 18, 2026), https://praxis.encommun.io/en/n/twl7eRe0Q1lz5SsvLX3p9wPgsgo/.

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