Le 30 avril 2025 à Montréal s’est déroulée la 5e Journée collective de Transition en commun sur la thématique des défis financiers de la transition socio-écologique. Cette rencontre a mobilisé plus d'une cinquantaine de personnes et avait comme but de réfléchir ensemble aux enjeux du financement de la transition socio-écologique.
Vous retrouvez dans cette note, une description sommaire d'une des huit solutions proposées lors de la journée collective. Vous retrouverez également une synthèse des discussions en sous-groupe associée à chacune des solutions.
Solution #7 - Mettre en œuvre une écofiscalité municipale
L’écofiscalité municipale vise à corriger les distorsions du marché en intégrant le coût des externalités environnementales. À Montréal, cela pourrait se traduire par une taxe sur les stationnements, une tarification progressive de l’eau potable pour les entreprises, ou des vignettes automobiles. Inspirée du principe pollueur-payeur, cette approche cherche à inciter les comportements responsables tout en générant des revenus pour la transition. Les principaux défis : acceptabilité sociale, impact perçu sur l’économie, et manque de solutions de rechange visibles. Un enjeu clé demeure la capacité à faire porter ces mesures politiquement, sans compromettre l’équité.
Synthèse des échanges en sous-groupe
🔷 Retour sur la solution
ENJEUX RÉPONDUS
À quels autres défis de la TSÉ cette proposition répond-elle ?
- Financement du transport collectif local et structurant.
- Réaffectation des ressources issues de l’automobile vers des usages soutenant la transition.
- Incitation au changement de comportements individuels en matière de mobilité et de consommation.
BLOCAGES POUR LA MISE EN ŒUVRE
Quels sont les obstacles actuels à sa réalisation ?
- Acceptabilité sociale, tant réelle que perçue, particulièrement en période d’inflation.
- Tension entre l’objectif de réduction des comportements polluants et la volonté de générer des revenus stables.
- Complexité croissante des mesures lorsqu’on multiplie les exceptions pour viser l’équité.
- Les mesures d’équité n’entraînent pas toujours une meilleure acceptation sociale.
- Faibles investissements en communication et sensibilisation.
- Contraintes légales : certaines taxes sont réservées au gouvernement du Québec et non accessibles aux municipalités.
AJOUTS ET BONIFICATIONS
Quelles propositions pour améliorer la solution ?
- Intégrer la qualité de l’air comme indicateur central avec des outils de mesure efficaces.
- Proposer des mesures fiscales progressives axées sur la redistribution des revenus.
- Orienter la fiscalité vers les milieux les plus nantis (ex. vignettes, taxation selon la taille des véhicules ou des maisons).
- Taxer la publicité automobile pour compenser son effet sur les comportements.
- Mieux communiquer le coût réel d’usage de l’automobile tant individuel que collectif.
🔷 Pour avancer sur la solution
BESOINS
Qu’est-ce qui nous manque pour avancer ?
- Rendre plus tangible les bénéfices : bien-être, confort, plaisir liés à une ville apaisée;
- Lancer des campagnes de sensibilisation d’envergure, ciblées et continues;
- Faire du lobbying pour transférer ou élargir les compétences fiscales des municipalités;
- Créer des espaces de dialogue locaux pour construire l’acceptabilité collective des mesures.
LEVIERS
Quels sont nos leviers comme écosystème montréalais ?
- Présenter les externalités négatives de l’automobile comme des subventions indirectes aux énergies fossiles;
- Valoriser publiquement les usager·ères des transports collectifs et actifs comme des modèles sociaux;
- Abroger les règlements municipaux qui obligent encore la construction systématique de stationnements.
AVEC QUI ?
Quels partenaires mobiliser pour concrétiser la solution ?
- Grands médias pour amplifier le message.
- Producteurs d’événements sportifs pour toucher de larges publics.
- Organisations communautaires, mobilisateurs de proximité.
🔷 Prochaines actions pour la solution
PROCHAINES ÉTAPES (COURT OU MOYEN TERME)
Quelles actions pourraient être posées rapidement ?
- Mener une veille à l'international sur les meilleures pratiques en écofiscalité urbaine;
- Formuler un récit public clair et mobilisateur (ex. « Financer la ligne rose »);
- Développer un argumentaire politique et citoyen solide;
- Repositionner les externalités négatives comme des subventions déguisées aux fabricants et usagers d’auto solo;
- Faire apparaître le coût réel de l’auto dans la facture foncière ou municipale.
PORTEURS·EUSES
Qui pourrait porter cette solution ?
- Transition en commun (TeC);
- Organisations citoyennes déjà actives bien que souvent à bout de souffle;
- Services de communication de la Ville de Montréal;
- Réseau des municipalités;
- Équiterre, pour ses forces en communication publique;
- Réseau des bibliothèques, loisirs et sports, comme relais de proximité.