Le 21 mai 2025 à Montréal s’est déroulée la 7e grande rencontre de l'espace quartier de Transition en commun dont le thème était Logement et transition socio-écologique: à la croisée des toits! Le but de cette rencontre était d'explorer les liens entre logement, justice sociale et transition socio-écologique à l’échelle des quartiers.
Réactions, priorisation et pistes de solution suite à la présentation de l'argumentaire
Dans le cadre de cette deuxième discussion, les participant·es ont été appelé·es à réagir à l'argumentaire présenté par le groupe de travail « Logement en transition ». Ils et elles ont échangé sur les éléments à prioriser et sur les pistes de solutions qui émergent à l’échelle locale ainsi que l'échelle interquartier.
⚡ Comment réagissez-vous face à ces constats et propositions? Qu’est-ce qui résonne? Comment cela rejoint les dynamiques de quartier?
Points de résonance forts :
- Les constats reflètent bien la réalité vécue sur le terrain : précarité locative, difficulté d’accès aux logements sociaux (OBNL, HLM, coopératives), complexité des démarches, manque de coordination des acteur·trices.
- Nécessité d’un guichet unique pour accompagner les locataires dans leurs démarches et les orienter vers les bons services.
- Définir clairement la qualité des logements, au-delà des aspects strictement environnementaux en incluant la qualité de vie des occupant·es.
- Les démarches de rénovation doivent prendre en compte les besoins réels des habitant·es, pas uniquement les impératifs climatiques.
- Inégalités de pouvoir entre locataires et propriétaires complexifiant les processus de médiation et les rapports au Tribunal administratif du logement (TAL).
- Les personnes sans réseaux (nouveaux et nouvelles arrivant·es, personnes isolées) sont particulièrement désavantagées dans les démarches de logement.
Ce qui résonne dans les dynamiques locales :
- Le besoin d’accompagnement et de soutien de proximité (comités logement, brigades citoyennes).
- La mobilisation actuelle sur les enjeux de verdissement et de résilience climatique des quartiers.
- L’importance des solidarités interquartiers et intergroupes pour renforcer le poids des luttes locales.
- L’exigence de sortir d’une lecture uniquement technique de la transition écologique pour y intégrer pleinement la dimension sociale.
🎯 Quelles propositions devraient être priorisées, pourraient nous fédérer?
Propositions fédératrices :
- Augmenter l’offre de logements sociaux et sortir le logement du marché spéculatif.
- Revoir les règles de financement des villes pour qu’elles puissent investir massivement dans le logement et la transition.
- Élargir l’argumentaire pour inclure la classe moyenne qui subit aussi les effets de la financiarisation du logement.
- Imposer des critères de qualité et de performance aux projets de logements sociaux (durabilité, qualité de vie, normes écologiques).
- Développer des outils de protection des locataires lors des rénovations (clauses anti-éviction, divulgation obligatoire des subventions reçues par les propriétaires).
- Renforcer les comités logements et les organismes communautaires, actuellement sous-financés, pour accompagner les locataires.
- Développer les pôles de résilience de quartier (lieux sécuritaires en cas de crise, ex. les églises vertes).
- Réfléchir à des mesures audacieuses comme les fronts de squatters inspirés du modèle chilien et à des modèles européens (ex. Vienne).
💡 Quelles pistes de solutions émergent à l’échelle locale et interquartier?
Solutions à l’échelle locale (quartier) :
- Création de guichets uniques locaux pour orienter les citoyen·nes dans leurs démarches.
- Implantation de brigades de médiation citoyenne (à condition de clarifier leur mandat pour éviter qu’elles n’alourdissent les démarches).
- Accompagnement personnalisé des personnes vulnérables dans leurs démarches locatives.
- Initiatives de verdissement localisées (îlots de fraîcheur autour des CHSLD, écoles, coopératives, HLM).
- Projets d’innovation architecturale locale (boucles thermiques, solaire passif, co-living).
- Déploiement de cartes et indicateurs sociaux de quartier pour appuyer les revendications locales.
- Créer des espaces de dialogue sur la définition partagée de la qualité des logements.
Solutions à l’échelle interquartier (collectif élargi) :
- Mutualisation des savoir-faire et pratiques innovantes (réseaux interquartiers).
- Construction d’un argumentaire commun à porter auprès des pouvoirs publics.
- Plaidoyer collectif pour une réforme du TAL et des règles de médiation.
- Coalition interquartiers pour exiger des normes nationales de qualité de logement et de performance écologique.
- Partage de ressources pour le développement de projets de fiducies foncières et de logements hors marché.
- Organisation de fronts politiques communs sur les enjeux de financement municipal, de fiscalité foncière et de coordination gouvernementale.
👉 À retenir
Une convergence très forte s’installe autour de l’idée que la transition socio-écologique du logement ne pourra pas se faire sans transformation des rapports de pouvoir, des modes de propriété et de la gouvernance du logement. La transition est à la fois sociale, climatique et démocratique.