Cette note collige les savoirs qui ont été récoltés lors de l'activité On ne s’organise pas les yeux fermés : discussion sur l’agir collectif dans un monde en crise, qui s'est déroulée lors de la Journée des savoirs ouverts 2025, le 30 octobre dernier au Musée McCord. L'activité de l'intervenante Mélanie Ederer visait à réfléchir aux actions collectives possibles qui ne reproduisent pas les violences contre lesquelles on souhaite se battre. Les photos de l'activité se trouvent dans la note Photos des activités de la JDSO 2025: Salle ronde.
Résumé
L’activité s’est voulue un espace d’écoute et de présence, invitant les participant·es à répondre à une question de départ et à partager brièvement qui ils·elles sont. Cette mise en relation visait à recréer du lien après une période de séparation postpandémique (quelques années).
Déroulement
Seize personnes ont pris part à l’activité dans une atmosphère chaleureuse et conviviale. Les échanges ont été nombreux et marqués par un sentiment de bien-être collectif. La majorité des participant·es étaient des femmes, ce qui a suscité certaines réflexions sur la composition du groupe et sur les dynamiques d’inclusion.
Les échanges se sont articulés autour de la question de «ce qui brûle », invitant à repenser nos rythmes et notre rapport au temps. Le manque de temps, perçu comme un frein à l’action sociale et à la solidarité, a été largement souligné. Plusieurs interventions ont mis en avant la nécessité de ralentir, de pratiquer la décroissance, de se réapproprier le silence et d’apprendre à regarder le temps autrement.
Enfin, la discussion a mis en lumière la difficulté croissante à agir collectivement dans un contexte marqué par l’individualisation et la « professionnalisation » des rapports. Retisser le collectif suppose alors de réapprendre à se comprendre, à accueillir le conflit et à le transformer en apprentissage partagé.
Questions soulevées
À la suite des échanges, plusieurs interrogations ont émergé :
- Quelle place accorder à la mixité dans ce type d’espace? Le fait que toutes les participantes soient des femmes soulève la question du choix derrière cette composition : s’agit-il d’une intention ou d’un effet du milieu ?
- Où se situe la frontière entre atelier collectif et espace thérapeutique ? L’ambiance intimiste et introspective a parfois évoqué le cadre d’une thérapie de groupe, amenant à réfléchir sur les objectifs de ces rencontres : visent-elles l’expression personnelle, la réflexion collective ou un équilibre entre les deux?