Gestionnaires sous haute pression

Garder le cap dans les rapides 

Nos défis / enjeux

Le thème « Gestionnaires sous haute pression » a été ciblé  par les membres des communautés de pratique en santé mieux-être au travail (SMET) de l’Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Dès les premiers échanges, une réalité commune s’est dessinée : celle d’un rôle exigeant, où il faut protéger son équipe, maintenir un climat de travail sain, tout en résistant à la pression qui nous entoure.

Pour être gestionnaire, il faut manger des problèmes, et aimer ça. -un participant 

Dans un contexte économique et social fluctuant, marqué par des licenciements, des réorganisations internes ou encore une incertitude généralisée, les gestionnaires sont confronté-e-s à un stress supplémentaire. Cette pression constante devient parfois une « relation amour-haine » avec le rôle de gestion. Si certain-e-s aiment l’adrénaline du quotidien, la frontière avec l’épuisement est mince. Le rythme effréné, les journées sans temps mort, l’accumulation des responsabilités : tout cela soulève une question importante. Peut-on réellement apprivoiser la pression, ou la tolère-t-on jusqu’au jour où le corps ou l’esprit dit « stop »?

Points saillants de la présentation de Mélissa Verreault

Mélissa Verreault a plongé dans une métaphore fort intéressante : celle de la descente en canot dans les rapides, illustrant les défis du rôle de gestionnaire. Dans cette analogie, il est essentiel de « savoir lire la rivière », c’est-à-dire anticiper les crues et adapter sa posture en conséquence. Les épisodes de turbulence doivent demeurer temporaires et prévisibles et s'entrecouper de période plus calme, pour reprendre ses forces, réfléchir ou comtempler.

Elle a également mis en lumière l’importance de reconnaître ses limites et d'être attentif aux signaux que le corps envoi. Trop souvent, les gestionnaires s’investissent totalement dans leur travail, car cela leur apporte reconnaissance et validation. Elle rapppelle qui faut rembourser ces efforts, en s'octroyant des moment de recharge dans sa vie personnelle si on veut poursuivre ce rythme. 

Elle a souligné plusieurs autres clés :

  • Apprendre à alterner récupération et concentration
  • Ne pas repousser les conflits, car ils grugent de l’énergie
  • Accepter que notre rôle attire l’attention (et parfois les critiques)
  • Distinguer passion saine et passion obsessive
  • Se libérer du réflexe de « tout porter » et chercher du soutien auprès de pair-e-s ou de la hiérarchie (et non des employé-e-s)

Selon des données partagées par Mélissa, un quart des travailleur-euse-s souffrent de stress au travail, et 60 % des entrepreneur-e-s vivent un stress très élevé. Les conséquences sont graves : les deux premières causes de décès chez les entrepreneurs sont les crises cardiaques et le suicide.

Mélissa a proposé l’utilisation d’un code de couleurs (du vert au rouge) pour évaluer son niveau de stress et adapter ses comportements. Elle a aussi évoqué la loi de Pareto, incitant à lâcher prise sur les 20 % de tâches qui consomment 80 % de notre énergie… sans impact significatif.

Échanges sur le sujet

La métaphore du canot a particulièrement interpellé les participant-e-s. Pour plusieurs, elle évoque la responsabilité de protéger et sécuriser les ressources (soi-même, son équipe) avant de poursuivre la descente. Il faut aussi placer les bonnes personnes aux bons endroits, ajuster la communication selon les personnalités et reconnaître les signes de surcharge : fatigue chronique, irritabilité, perte de motivation, oubli des moments qui font du bien.

Un élément marquant : il est anormal de vivre constamment en période de crue. Le rythme effréné, lorsqu’il devient la norme, doit inciter à une remise en question. Est-ce moi, mon équipe, mon organisation? Des participant-e-s ont évoqué le piège du surinvestissement – où l’on coche rarement des cases malgré des journées bien remplies.

L’écoute de soi, la connaissance de ses limites et la capacité à demander du soutien sont ressorties comme des éléments fondamentaux. Il ne s’agit pas seulement de « tenir le coup », mais bien de créer des conditions de travail durables, pour soi et pour les autres.

Quelques pratiques prometteuses à tester dans son milieu

Voici un éventail de pratiques concrètes, issues des groupes, que l’on peut tester ou adapter selon son contexte :

1. Favoriser des périodes sans interruption

  • Instaurer de vrais moments sans réunions, et s’assurer qu’elles soient respectées (encore mieux si toute l'équipe établit une plage collective)

2. Clarifier ce qui est normal ou non

  • Reconnaître que la surcharge constante n’est pas souhaitable
  • Encourager les discussions ouvertes sur le rythme de travail et les attentes implicites

3. Outiller les gestionnaires

  • Offrir une banque d’heures de coaching ou de soutien professionnel (PAE)
  • Mettre en place des allié-e-s dans l’organisation pour favoriser le recul
  • Revoir la distribution des tâches et réévaluer les besoins en ressources humaines

4. Mettre en place des mécanismes de déconnexion

  • Adopter une politique de déconnexion
  • Réguler les notifications et promouvoir des temps sans courriels
  • Montrer l’exemple (prendre ses congés, pauses, etc.)

5. Favoriser les liens et le soutien entre pair-e-s

  • Créer ou renforcer votre comité santé/mieux-être
  • Encourager les échanges horizontaux entre gestionnaires pour briser l’isolement

6. Revoir la culture de la performance

  • Remettre en question la valorisation du « toujours occupé »
  • Encourager une performance durable et non une pression constante
  • Intégrer la bienveillance et la reconnaissance dans les interactions quotidiennes

On repart avec…

À la fin de cette rencontre, nous repartons avec plus de sérénité, une meilleure compréhension des limites, et une volonté renouvelée de prendre soin de soi tout en étant au service de leur organisation.

Certain-e-s ont parlé d’une dose d’optimisme, d’autres d’introspection, de bienveillance ou encore d’un goût retrouvé pour le canot-camping... mais tous-tes ont souligné l’importance de ralentir, d’écouter les signes, et de chercher des solutions collectives pour un mieux-être partagé.

Ressources supplémentaires

La maison des leaders: La Maison est un espace de ralentissement, de réflexion et d’échange pour les leaders et leurs équipes 

Le droit à la déconnexion

Livre de Sonia Lupien sur le stress au travail 

Ou en podcast

https://www.coesion-sp.ca/fr/ressources-details/comment-bien-gerer-les-attentes-de-vos-employes·      

 https://www.coesion-sp.ca/fr/ressources-details/risques-psychosociaux-la-surcharge-de-travail

Sceau Concilivi (Malheureusement, la subvention pour les employeurs est terminée)

Mélissa Verreault, La Vraie Nature

https://www.laplanificatrice.com/

https://lecemr.com/formation/la-sante-psychologique-de-lentrepreneur/

 Gestion du temps - GENEVIÈVE ROY

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Santé/Mieux-être au travail de l'Abitibi-Témiscamingue

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Publication

27 août 2025

Modification

30 septembre 2025 11:52

Historique des modifications

Visibilité

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Pour citer cette note

Jean-François Beauchamp, Marie Grange, Aurélia Juif-Leclerc, Anaïs Kowalczyk, Marthe Rocheteau, Valérie Savoie. (2025). Gestionnaires sous haute pression. Praxis (consulté le 21 janvier 2026), https://praxis.encommun.io/n/eSGSH-L9E1lZkb0A8nnISC-EA60/.

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